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Maggi une de nos collaboratrices de recherche a décidé de s’en aller

O non pas toi ! Pas comme ça !  Qu’as-tu fait ? (pour la première fois je m’autorise le tutoiement, tu ne m’en voudras pas). Pourquoi as-tu décidé, Maggi, de mettre fin à tes jours si jeune et si pleine de vie ?

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J’ai dirigé ton mémoire de Master sur les applis mobile d’information et je t’ai salariée pour la grande étude Obsweb sur l’usage des réseaux sociaux par les journalistes, dans la joie et bonne humeur et aussi… un peu de sueur.
Tu respirais la joie de vivre, l’avenir te tendait les bras,  tu avais tout pour toi : tu étais radieuse, vive éclair, jolie. Tu étais très rock’n roll,  dans ton blouson de cuir rouge et blanc et avec tes chaussures montantes improbables, tu étais pleine de vie, quoi. Alors pourquoi ?
Je ne connaissais pas grand chose de ton passé, de tes relations familiales et sentimentales, je n’étais pas un ami mais déjà un peu plus qu’un prof, et j’avais une profonde estime pour ton travail, un attachement pour ta personnalité atypique.  Tu faisais du théâtre une passion jusqu’à créer ta troupe et tes spectacles (le Magginet & Compagnie !), ta répartie faite de lucidité et d’ironie nous a souvent fait rire durant nos réunions de travail sous pression, tu savais faire le show.

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Je suis obligé de constater hélas que tu savais donc bien jouer la comédie car rien ne laissait percevoir tes failles, tes noirs territoires, tes fragilités. Une fois encore, comme un Coluche ou d’autres, derrière le clown de façade se masquait une désespérée, une écorchée.

Tu n’as pas tenu les promesses de ton alias Twitter @memepasgrave. Ben si, c’est grave ce que tu as fait Maggie et même pas rattrapable.

Toi qui savais repérer à 100 lieues les cons, tu aurais dû songer à tous ces bienheureux autosatisfaits que tu laisses ici pendant que les meilleurs dont tu étais, se posent trop de questions et partent trop tôt.

Tu venais de me demander le 4 mai, une recommandation sur ton réseau social professionnel, je ne l’avais pas encore fait, je m’y emploie maintenant :

Maggi est une fille formidable qui gagne à être connue, efficace dans l’effort, talentueuse dans l’analyse, communicative dans la bonne humeur. Dieu, embauche la, tu n’auras qu’a t’en louer,  comme nous tous ici-bas à Obsweb.

Toute l’équipe Obsweb présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.
Un dernier hommage lui sera rendu mercredi 15 mai via une cérémonie civile au crématorium,  vers 11h15, 12 avenue Paul Doumer à Vandoeuvre.

La hiérarchie des titres de presse sur Pinterest : étude de 210 comptes dans le monde

 Pinterest & la Presse (5/ 6)

pin tatouage Obsweb

Par Pr. Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)

L’étude comparative des comptes Pinterest de presse porte ici sur 38 magazines imprimés internationaux (hors France et États-Unis), 50 magazines imprimés américains, 38 quotidiens américains (presse imprimée ou exceptionnellement médias nés en ligne) et 2 hedbdomadaires d’information générale, 34 médias français (presse quotidienne ou hebdomadaire, sites, nationaux ou régionaux), 13 quotidiens latino-américains, 8 quotidiens et 1 agence de presse du Canada, 22 quotidiens imprimés européens et 4 autres quotidiens dans le reste du monde. Ce sont ainsi 210 comptes Pinterest de presse qui sont analysés, ce qui fait de cette étude la première de cette ampleur à ce jour. Le tableau complet en version Excel de tous ces comptes avec leur URL et l’état de leurs comptes, entre fin décembre 2012 et le 20 janvier 2013 est à découvrir ici. La plupart de ces comptes ont été ouverts en 2012, ou au second semestre 2011 pour les précurseurs. Certains connaissent une croissance foudroyante, d’autres sont présents encore à titre exploratoire et ne semblent pas pouvoir / vouloir (?) pousser leur présence sur ce réseau social qui vient compléter les autres réseaux.

Identifier les comptes de presse sur Pinterest n’est pas si facile

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Pinterest, un outil pour approfondir le traitement visuel des informations

Pinterest & la Presse (4/ 6)

pins obsweb mosaique

Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – CREM, Metz, France)

Dans l’article précédent nous avons exposé l’utilité de ce réseau pour la valorisation des productions éditoriales. Mais une autre perspective consiste à profiter de la création d’un compte Pinterest pour penser davantage le traitement de l’information en images. Pinterest est à cet égard une source potentielle à investir par les photoreporters pour étendre leur capacité d’intervention dans le monde de la presse en ligne. A minima, sous la forme d’une illustration visuelle prévue avec l’article pour donner une entrée imagée au pin qui sera créé. Mieux, sous forme de traitements visuels renouvelés et approfondis, y compris en exploitant les applis qui gravitent autour de Pinterest et complètent utilement ses dispositifs techniques. On peut aussi utiliser les ressources des autres réseaux sociaux de partage d’images comme You Tube pour la vidéo et Instagram ou Flickr pour la photo. Passons en revue une série d’usages observés ou imaginables.

Les informations faciles à associer à une image

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Pinterest, un outil idéal pour valoriser le travail des rédactions

Pinterest & la Presse (3/ 6)

pins obsweb horloge

Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – CREM, Metz, France)

A présent que nous avons souligné le succès de Pinterest en Amérique du Nord et ses raisons, et que nous avons passé en revue l’utilité pour la presse de s’y intéresser, reste la question : quels usages journalistiques possibles de Pinterest ? Ouvrons donc grand la boite à idées !

Il convient de distinguer divers niveaux de réponses à cette question. Pinterest peut en effet être perçu comme un simple lieu supplémentaire de présentation de la production d’une rédaction, sauf qu’il a l’énorme avantage de l’être sous forme de vitrine ouverte et organisée ! Dans ce cas, la réflexion doit porter uniquement sur l’art de mettre au mieux en scène, sur ce réseau, les contenus qu’on cherche à valoriser : nom de baptême des boards ; quel découpage par board ; explicitation claire des logiques constitutives du board dans son descriptif ; descriptifs pertinents avec hashtag pour améliorer le référencement ; pins postés conformes à ce qui est annoncé ; choix d’une illustration visuelle adéquate (dessin, photo, vidéo, citation, infographie…) pour attirer l’attention et donner envie de cliquer sur les pins.

A l’inverse, il peut s’agir de profiter du compte Pinterest pour ajouter des dimensions nouvelles afin de mélanger la valorisation des contenus déjà produits avec des contenus plus inédits. Les pins sont des ponts possibles entre les internautes et le site source de l’information. De même, certains boards, par leur thématique populaire chez les internautes tout comme par leur force visuelle, peuvent être des ponts avec les boards voisins du même compte qui eux valorisent le rédactionnel existant. La venue vers le site de presse se fait alors en deux étapes : je suis fan d’images de chats, je viens sur le compte Pinterest d’un journal car j’ai identifié un board (qui plus est, collaboratif) de photos de chats et du coup je découvre d’autres boards et peux me retrouver intéressé par autre chose et cliquer sur une image qui m’amène au site d’information.

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Pinterest pour s’insérer dans l’écosystème du partage social et du flux d’informations

Pinterest & la Presse (2/ 6)

pins love obsweb

Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)

Pinterest est un réseau social en plein essor qui génère du trafic sur les sites web d’où proviennent les images qui y sont « punaisées » (« pined »). En effet, sur ces tableaux d’images, « des millions de personnes se connectent régulièrement pour partager leurs coups de cœur. Comme chaque image est liée à un site web externe, ces partages permettent de générer du trafic vers ces sites web. Une entreprise qui va diffuser des images renvoyant vers son site web va donc permettre de rediriger une partie du trafic vers celui-ci. Et qui dit plus de trafic, dit plus de potentiels clients » (Livre blanc : Gagnez plus avec Pinterest, UP2social, octobre 2012, p.10). Ajoutons que comptabiliser seulement le nombre d’abonnés à un compte Pinterest ne préjuge pas de l’ampleur des images qui vont circuler sur ce réseau, puisque chacun peut punaiser une image et un lien URL d’un article depuis le site. La dissémination se fait donc à partir du site ET du compte Pinterest. Le potentiel d’influence est d’autant plus grand. Voilà pourquoi les médias d’information ont intérêt à s’en saisir, comme certains ont très bien su le faire pour Twitter, Facebook, You Tube… L’observatoire du webjournalisme a ainsi décidé d’analyser les différents usages de ces réseaux par les journalistes français.

Pinterest générateur de partage pour les sites d’information

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Pinterest, le succès d’un réseau social que la presse ne peut ignorer

Pinterest & la Presse (1/ 6)

Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)

 pins obsweb

Créé seulement en mars 2010, aux États-Unis, par Paul Sciarra, Evan Sharp et Ben Silbermann, le réseau social Pinterest est déjà bien implanté en Amérique du Nord, avec plus de 12 millions de visiteurs uniques par jour aux États-Unis (contre 1 million en mai 2011). Cela en fait déjà le 15è site le plus visité aux Etats-Unis sur les trois derniers mois, selon le site Alexa.com (Facebook est 2è & Twitter 10è). Il est le 35e site le plus visité dans le monde selon l’analyse lancée sur Woorank, le 15 janvier 2013. Il possède plus d’un million d’abonnés à son compte Twitter, où diverses infos sur les usages de Pinterest sont diffusées. Pour comprendre comment ça marche, voir notre synthèse.

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PINTEREST : comment ça marche ?

Pinterest & la Presse (1bis / 6) 

 Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)

pins obsweb

On ouvre un compte (en 2 minutes maxi) si on veut pouvoir « punaiser » ou « épingler » des images (des pins). Mais on peut circuler librement sur les comptes des autres sans être inscrit ! Inscription simplifiée possible par connexion à son compte Twitter ou Facebook.

On punaise des images (mais aussi des vidéos, des extraits de texte) sur un tableau (« board ») qu’on crée logiquement sur une base thématique et auquel on donne un titre, comme un chapitre de livre. La création de tableaux et de « pins » qu’on y accroche, est illimitée.

Une image peut provenir directement d’un site, par clic sur un bouton (« Pin it ») qui va la sélectionner pour l’amener automatiquement vers votre compte Pinterest ; ou être téléchargée depuis votre banque d’images perso sur votre disque dur ou clé USB.  Pour les sites qui n’ont pas installé le bouton de partage Pin it, vous pouvez (devez !) télécharger très aisément ce bouton pour qu’il soit présent sur votre ordinateur, à portée de souris !

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Trois collaborations pour le prix d’une

Fabrication, production, diffusion … Les collaborations des entreprises de presse avec d’autres acteurs se font à tous les niveaux, sans forcément de liens évidents entre leurs objectifs. Compte-rendu de la troisième conférence des Entretiens du webjournalisme, dédiée aux innovations collaboratives pour les entreprises de presse.

Associer amateurs et professionnels

L’intervention des « amateurs » dans le travail journalistique doit s’imposer. C’est en tout cas ce que l’on retient de la présentation de Nicolas Loubet, le créateur de l’Umaps, une agence de services multimédia, et de Knowtex.com, un « réseau pour les créateurs de communautés ». Pour lui, la technologie, le smartphone en particulier, a permis la création d’une « génération de reporters amateurs qui sont capables d’être les meilleurs interlocuteurs des journalistes ».  Seul problème, « c’est un gros bordel, il faut organiser cette multitude d’interactivités ». C’est le défi que lance Nicolas Loubet au journalisme, en prenant l’exemple de plusieurs initiatives récentes. Parmi elles, le live-tweet d’exposition au Quai Branly ou encore une émission de radio-dessinée. Organiser pour créer de nouvelles formes d’informations, pour Nicolas Loubet, ce n’est que le début. Et de conclure avec la formule employée par Xavier Damman, « Aux smartphones citoyens ».

Réduire les coûts

En parlant de smartphones, José Levices, le fondateur de MVS, travaille justement à « créer des systèmes de reproduction de contenus pour l’adapter à chaque support ». L’objectif : « diminuer les temps de fabrication et de production, afin de réduire les coûts ». MVS développe ainsi des solutions cross media auprès de plusieurs organismes de presse. En ce moment, l’entreprise travaille aussi sur le projet « Relief » avec l’Atilf (Analyse et traitement informatique de la langue française), un laboratoire du CNRS. « L’idée, c’est d’analyser de manière sémantique un texte, pour trouver son essence, les thèmes abordés, les mots clés, afin de créer un système de reproduction ». Le tout, assure-t-il, « sous le pilotage du journaliste ». Des programmes conçus pour réduire les coûts, et donc « pour les patrons de presse plus que pour les journalistes » fait remarquer une personne du public.

Développer des offres payantes

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De gauche à droite : Nicolas Loubet, José Levices, Michel Agnola, David Lacombled

Pour David Lacombled, délégué à la stratégie des contenus chez Orange, le diffuseur français et les organismes de presse sont bel et bien partenaires. « Nous partageons les revenus de la publicité avec les journaux, affirme-t-il, une démarche que tous les diffuseurs n’ont pas, Google par exemple ». Plus encore, Orange développe de nouveaux produits et encourage l’information payante. « Nous avons développé une offre à cinq euros par mois, qui permet d’acheter cinq journaux numériques au choix » explique-t-il. « Nous arrivons à vendre des horoscopes, il n’y a pas de raisons qu’on ne puisse pas vendre des contenus de qualité ! » lance-t-il. David Lacombled présente donc la collaborations entre diffuseurs et producteurs comme un enjeu pour le journalisme et les médias, dans un contexte de crise de la presse.

Lors de cette troisième conférence sur les innovations collaboratives, les trois intervenants ont esquissé des évolutions qui répondent à plusieurs enjeux du journalisme. D’une part, le défi de pérenniser les organismes de presse via une réduction des coûts et une meilleure diffusion. D’autre part, celui de faire évoluer l’information en phase avec la société et ses nouveaux usages.

Retrouver les lieux d’hommage à Alain Joannès

A. JoannesRetrouvez les liens utiles pour suivre ceux qui ont souhaité rendre hommage à Alain Joannès, penseur pionnier des transformations du journalisme à l’ère numérique.

par Arnaud Mercier

 

[cliquez sur l'image pour accéder aux liens]

Eric Scherer : « Tout le monde devient un média aujourd’hui »

Eric Scherer, directeur de la prospective web à France Télévisions, inaugure les 3èmes Entretiens du webjournalisme sur le thème « Médias, journalistes et innovation ». Pour lui, les journalistes doivent accepter les changements de la profession et suivre les tendances de la société dans la fabrication et la transmission de l’information.

Les journalistes d’aujourd’hui sont confrontés à deux bouleversements majeurs. D’abord, le journaliste n’a plus le monopole de la diffusion de l’information. Le public devient un média et tente de « court-circuiter » le médiateur, il est en mesure d’accomplir la mission du journaliste. Ensuite, le public ne s’informe plus comme avant, les supports changent : « La tablette va devenir le premier écran. Devant les ordinateurs, et même devant la télévision chez les jeunes ».

Beaucoup de journalistes traditionnels sont réticents : « Le fait que les gens s’informent différemment n’est pas forcément pris en compte par notre métier ». Ils refusent que d’autres puissent être capables de couvrir, commenter et analyser les actualités. Pour Eric Scherer, le problème est souvent d’origine culturelle : « On est face à une génération qui n’est plus la même. Tout le monde devient un média aujourd’hui. » Il insiste sur ce point : « Aucune rédaction n’a les moyens de concurrencer les millions de portables qui sont dans la nature. » Twitter, par exemple, est une agence de presse gratuite, mondiale, en temps réel, personnalisée. « C’est là où aujourd’hui les breaking news sortent ».

« On va vers une société de plus en plus immergée dans l’information »

Désormais, la sphère politique et économique s’est approprié ces outils numériques. Barack Obama parle beaucoup aux Américains sans passer par les canaux traditionnels comme la télévision ou la radio. Le 6 novembre dernier, ce n’est pas la presse qui a annoncé la victoire d’Obama, mais bien le président lui-même.

Pour Eric Scherer, ces mutations sont surtout des opportunités. « On va vers une société de plus en plus immergée dans l’information. On va vivre tout au long de la vie dans cette culture de l’écran ».

Il y a, chez les journalistes, une « zone de confort » qui consiste à continuer à faire comme avant. Et puis il y a le « nouveau monde » dans lequel il faut mettre un pied. Cela passe par trois mots-clés : « smart, mobile et social ». Etre « smart » signifie amener de la valeur ajoutée à ce que l’on crée et guider le public. Internet est une masse d’informations absolument inouïe. Le journaliste doit réduire le « bruit » d’Internet, aussi appelé « l’infobésité ». Il doit aussi être « mobile », s’ouvrir aux technologies pour créer plus de liens avec la société. Enfin, « social » : converser avec l’audience est une des nouvelles manières de faire du journalisme aujourd’hui. « L’ère du journaliste seul sur son piédestal est heureusement finie. Il faut engager le public, interagir et animer les débats de société. »

Le powerpoint d’Eric Scherer lors de sa conférence inaugurale

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