Journalisme et utilisation des réseaux sociaux : premiers résultats


Par Brigitte Sebbah, membre d’Obsweb

Crédit : Jean-Michel Grimmer / Xavier Renauld

La question du journalisme et de l’utilisation des réseaux sociaux ne va pas sans difficultés. Nos analyses des 14 rédactions enquêtées ont mis au jour des convergences dans les représentations et les usages mais des différences et des tensions frappent aussi.

1. La conception courante et idéalisée du journalisme collaboratif et participatif est mise à mal au niveau des représentations de l’enjeu des réseaux sociaux pour les journalistes.
D’une part, les directeurs et rédacteurs en chef reconnaissent volontiers la nécessité pour leurs journalistes d’être présents et visibles sur les réseaux sociaux, ne serait-ce que pour répondre à un besoin croissant d’interactivité du lecteur. Philippe Jannet du Monde précise ainsi qu’il « ne faut pas hésiter à mettre les journalistes en avant car il y a une relation très humaine qui se met en place. ». Pour Alexis Delcambre, rédac chef du Monde.fr, les réseaux sociaux sont « un écosystème qui encourage très certainement l’organisation des informations et des usages autour de personnes » « pour les internautes c’est bien de leur donner un nom un visage, de dire qui on est, que les articles soient signés et qu’on puisse accéder à la liste des articles d’un journaliste. On a vu tout ca se mettre en place ces dernières années, et les journalistes reprennent un visage et deviennent dans certains cas un objet de navigation pour le lecteur. On revient à une incarnation un peu plus importante après avoir été longtemps dans quelque chose de très anonyme. »

Cette réalité de la nécessité de la visibilité et de la personnalisation du journaliste co existe néanmoins avec une autre réalité qui découle directement de l’organisation du travail au sein des rédactions. Les journalistes sont ainsi plus nuancés et expriment un autre point de vue : la question de la personnalisation du journaliste et de sa présence sur les réseaux sociaux est énoncée comme intrinsèquement liée à la marque du média dans lequel le journaliste travaille et derrière laquelle il s’efface finalement. Ainsi, il ne peut pas vraiment porter sa propre marque car il en représente une autre. Johnatan Pariente Le Monde :

« On est catalogué par la marque du Monde pour le pire et le meilleur. C’est parfois intimidant ». Nombre d’entretiens corroborent ce point de vue dans la mesure où une majorité de journalistes affirment ne pas voir l’intérêt de tenir un blog ou d’être présent sur Twitter puisqu’ils n’ont rien à dire de plus que ce qu’ils écrivent déjà dans le journal. L’utopie de la plus value que représentent les réseaux sociaux est ainsi décriée majoritairement.

En second lieu, l’organisation assez sédentaire du travail derrière des écrans et la dimension collective, sont deux facteurs explicatifs livrés par les journalistes pour rendre compte de leur présence partielle ou de leur absence totale sur les réseaux sociaux.
Un quart des journalistes rencontrés mettent ainsi à mal la notion d’auteur d’un article dans la mesure où les articles sont souvent coécrits et coréalisés (photo, vidéo, son), on entend rarement « ce travail m’appartient, je l’ai fait de A à Z », « j’en suis l’auteur ». Ainsi, une journaliste de Rue 89 affirme : « Il y a beaucoup d’interactivité entre nous, c’est très poreux. Les papiers qu’on réussit bien, ce sont les papiers collectifs ». De plus, sur les 15 rédactions rencontrées, la moitié environ des journalistes s’expriment en utilisant le pronom « nous » à la place du pronom personnel « je » pour évoquer leur travail ou leur entreprise, alors même que paradoxalement ils soulignent par ailleurs qu’une des révolutions du métier de web journaliste est l’utilisation du pronom « je » dans leurs articles, à la différence de la presse papier. En insistant principalement sur la dimension collective de leur travail, ils reconduisent ainsi la figure historique d’Internet qualifiée par Delcambre, rédac chef du Monde de « terre d’anonymat ». L’organisation du travail souvent collective ajoutée à l’importance de la marque du média, figure la difficulté pour le journaliste de porter son propre nom sur les réseaux sociaux. Comme le souligne Alexis Delcambre rédac chef du Monde le paradoxe est donc le suivant : « Le web journalisme c’est à la fois pour « certains, une terre d’anonymat mais c’est aussi une terre porteuse de brands et de noms ». « Deux réalités qui coexistent. »

Et on relève une tendance ainsi, encore minoritaire qui se profile chez certains journalistes: cette tendance se lit dans la propension générale des journalistes à jouer la carte de la personnalisation sur les réseaux sociaux avec une césure claire entre ceux qui ne font pas de différence entre un compte perso et pro, et ceux qui la font.
On note un point commun à toutes les réponses recueillies auprès des journalistes concernant le personal branding : il ne rapporte rien au niveau pécunier ; cela reste de l’ordre de la rétribution symbolique. Alors que dans la presse papier, on va être mieux payé en fonction de sa réputation, on n’est pas plus payé dans le web journalisme. Même les journalistes les plus rétifs à ce phénomène, identifient là un besoin de visibilité pour le journaliste face à la trop grande polyvalence et au caractère généraliste du métier. « On n’est pas indispensables comme peut l’être un journaliste spécialisé du Monde papier » nous confie un journaliste du Monde.

Ce besoin de visibilité fait émerger trois aspects : un moyen de se différencier pour le journaliste qui est souvent contraint de tourner sur des postes et des sujets différents, et de se rendre visible auprès de ses employeurs actuels ou futurs. Enfin, comme une démocratisation possible de la starification présente dans la presse papier. Une journaliste de Rue 89 va même jusqu’à souligner la force symbolique de ces stars du journalisme qui expliquerait leur succès : « L’avantage c’est que ca démocratise la starisation. Je pense que ca starifie encore davantage car il n’y a pas de rétribution pécuniaire ».

Toutefois, ce phénomène de starification du journaliste web tend à cristalliser aussi un certain nombre de critiques : qualifié tantôt de microcosme, d’épiphénomène en perte de vitesse, effet de mode ou encore leurre. Il s’agit d’un microcosme pour la plupart des journalistes qui n’a rien de nouveau par rapport aux stars du papier. Pour d’autres majoritaires eux aussi, il s’agit d’un épi phénomène qui s’essoufflera car on ne peut pas faire carrière sur son seul nom sans produire de la qualité dans un média et cela dessert même le journaliste
Un jeune journaliste du Monde affirme ainsi :
« Le personal branding, j’ai peur que ce soit pérenne. Je ne comprends pas qu’un journaliste aussi bon soit il, vende sa personne. Qu’il vende son travail c très bien. Mais sur son nom c’est grave. Des petits jeunes sont arrivés à un moment mais ils n’ont rien fait. En dehors du petit monde du journalisme, ils font illusion mais je peux vous dire que dans les rédactions ils passent pour des cons. C’est peut être des gens prometteurs mais que eux aient une légitimité pour parler de ce boulot alors qu’ils l’ont exercé trois semaines en stage, moi ca me choque ».

Face à ces divergences relevées, on note que les directions reconnaissent dans leur grande majorité tenir compte du personal branding, dans les recrutements d’équipe, même si ce n’est pas encore la règle. Leur vision du futur de cette tendance corrobore cette position : la possibilité d’un mercato un jour. Ensuite, la possibilité qu’un journaliste, par ce biais, n’ait plus besoin d’un média, et devienne un média concurrent à lui tout seul s’il arrive à se faire un nom et à produire du contenu seul et s’il fait venir des annonceurs sur son seul nom. Delcambre projette ainsi l’idée que: « peut être demain des annonceurs s’agrègeront et ils pourront devenir des médias à eux tout seul. Ils n’auront pas besoin de média peut être ; si sur mon seul nom et sur le contenu que je fais, j’attire un certain nombre de lecteurs, et que je peux nourrir un dialogue avec des annonceurs, après je peux me dire qu’être sur un site de média me donne une puissance plus grande, mais je pense qu’on arrivera à un moment où certains n’auront pas besoin de plateforme pour vivre et produire du contenu. Ils pourront devenir des concurrents des médias. »

2. La conception courante et idéalisée du journalisme collaboratif et participatif est en second lieu mise à mal au niveau des usages journalistiques de l’interactivité dans le cadre des réseaux sociaux.
Partons du constat principal qui se dégage majoritairement des analyses : les réseaux sociaux offrent l’occasion pour les journalistes d’être plus proches de leurs lecteurs et aussi de rechercher les thèmes qui font écho chez le lecteur. Mieux connaître son lecteur pour contrebalancer aussi le fait que les lecteurs ont tendance à déserter les médias et s’informent parfois seulement grâce aux liens partagés sur des réseaux sociaux. Face au flux d’informations dispensé par le web d’information, et qui perd en instantanéité, émerge donc la nécessité d’un retour au temps réel du contact avec le lecteur.

Cette relation idéale avec le lecteur dans les réseaux sociaux qui prédomine dans les entretiens des journalistes, est pourtant nuancée lorsqu’on leur demande concrètement de nous décrire ce lien et l’impact réel des avis des lecteurs sur la production journalistique. Ainsi, dans la majorité des entretiens, la figure du « lecteur, créateur de contenu, indice de veille et d’alerte » est minorée. Les journalistes insistent davantage sur la figure du « lecteur correcteur » qui indique les fautes d’orthographes ou les approximations dans le contenu. L’appel aux lecteurs via les réseaux sociaux, dépend du type d’article réalisé par le journaliste. Il est donc en réalité codifié et circonscrit officieusement à certaines productions journalistiques. On peut citer ici la remarque d’un journaliste d’un média mis en ligne, qui, à elle seule, résume le nombre important de remarques du même type que nous avons relevées : « Pour les enquêtes et les articles, les brèves, le lecteur est très peu sollicité. Pour les webdocs et les appels à témoignages, par contre, les réseaux sociaux sont une mine. » Et conclusion d’un journaliste d’un média né en ligne, de ces codes quasi tabous à l’heure où le webjournalisme prêche l’idole de l’interactivité : « les lecteurs sont très utiles pour défendre la marque et la crédibilité du journal. Dernièrement un média on line avait fait une Une que l’on a contredit en Une. Nos lecteurs respectifs se sont bastonnés sur les forums de l’autre média et sur notre forum. C’était incroyable. Aucune réponse et changement de la part du média qui pensait avoir raison et qui avait l’AFP de son côté. Même si nous avions raison. ». Les lecteurs font l’interface et ouvrent le débat entre des médias qui communiquent peu entre eux.

Les réseaux sociaux, de par leur développement en marge des médias, offrent néanmoins un recours à ce manque d’interactivité possible des médias en général, et à ces codifications officieuses des médias nés ou mis en ligne. Ainsi, Guy Birenbaum affirme ainsi : « j’ai travaillé à la radio. Les retours je les ai sur Twitter et Facebook. Sinon, ils me parlent où ? Il y a aussi mon mail et c’est le bon, je n’en ai qu’un».
De même, un journaliste du Monde raconte comment l’interactivité sur les réseaux sociaux est finalement un terrain encore peu exploré et en pleine expansion auquel il faut parfois s’adapter dans l’urgence, face à l’événement : « au moment du séisme en Haïti beaucoup de papiers tombaient en même temps et les papiers étaient sans queues ni têtes, donc nous on a ramassé ca dans un live et les gens nous demandaient des infos en direct sur leurs familles ou amis et nous on allait chercher en direct les infos avec les sources qu’on avait. On essayait de rendre service a nos lecteurs. »

Alors si les réseaux sociaux impulsent une tendance lourde aux web journaux, celle de la participation et de la collaboration du lecteur à la production et à la diffusion journalistique, il faut s’arrêter un instant sur la question de l’impact de ces réseaux et des commentaires sur les journalistes eux mêmes. Ainsi que le souligne Guy Birenbaum, le journaliste reste « sous le regard et le contrôle des lecteurs » quoiqu’il arrive. Et ce contrôle, nous allons le voir maintenant, est plutôt générateur d’angoisse et mal vécu en grande majorité par les journalistes rencontrés. Ainsi, je reproduis ici quelques exemples issus des entretiens tout en précisant qu’ils sont foule. Un journaliste d’un média né en ligne souligne avec recul « si je fais un papier pro UMP, je vais me faire démonter dans les commentaires. Ca a un impact sans en avoir. C’est a dire que ca a un impact de fond puisque je me dis que je vais me faire démonter et en même temps ca n’aura pas plus d’impact que ça ». Un autre issu d’un autre média né en ligne, va plus loin, « Si ce sont des commentaires constructifs c’est bien, si ce sont des insultes, c’est pas évident. Quand on est jeune journaliste, de se prendre des insultes dans la tronche, c’est facile, ce sont des commentaires anonymes donc ils ne se censurent pas. Nous on modère mais comme on est aussi modérateur on voit les choses qui ne passent pas et parfois c un peu rude. Il y a plus de commentaires négatifs que de commentaires positifs et ca influe sur le moral, mais on essaie de passer outre. ». On peut encore forcer le trait avec le commentaire d’une journaliste d’un média mis en ligne : « si j’ai des retours sur les réseaux sociaux qui sont positifs je passe une super journée, sinon c’est une journée de merde ». Elle formule d’ailleurs un sentiment partagé par une grande majorité de jeunes journalistes : « on n’est pas formé à ça et on ne s’y attend pas quand on arrive sur un média en ligne ». Un autre journaliste issu de la même rédaction rajoute : « Avec le web la pression se renforce comme il y a énormément d’interactivité, les lecteurs se permettent des choses et je trouve qu’ils ont raison de le faire, et c’est vrai qu’on n’est pas formé a ce genre de choses. Ca manque peut être un peu ».

Quelles solutions face à cette interactivité débridée ? Deux points centraux émergent lors des entretiens :
Le premier, c’est l’utilisation des réseaux sociaux, comme un laboratoire d’apprentissage, comme un exercice pour apprendre à se protéger, à réagir et à répondre ensuite aux commentaires liés aux articles. Ainsi, on relève parmi d’autres commentaires, le suivant issu d’un journaliste du Monde : « Dans la mesure où on leur donne la possibilité de s’exprimer, ca doit pas être juste cosmétique, ouvrir un zinc au café du commerce et que les gens s’expriment. C’est souvent le cas. La discussion nous dépasse souvent et ca part en vrille. Mais on a le devoir d’en tenir compte. Il y a aussi des critiques sur le choix éditorial. C’est encore compliqué d’en tenir compte de manière collective. C’est pourquoi mon blog c’est mon labo perso. »

Le second c’est la figure du community manager ou du social media editor comme au Monde par exemple. En créant une communauté identifiée sur les réseaux sociaux, en défendant la ligne éditoriale du média et en protégeant les journalistes de commentaires sévères, le community manager apparaît salvateur et lénifiant au départ chez la majorité des journalistes. « C’est un frein à la pression du clic, de l’audience » nous confie entre autres une journaliste de Rue 89, « une protection » selon une journaliste de Bakchich. La dimension communautaire permet d’inverser cette consommation rapide de l’information et le flux erratique des réseaux sociaux et permet de faire connaître les journalistes dans la durée et de les crédibiliser davantage. S’occuper des réseaux sociaux, telle est la définition la plus large donnée au community manager. Son rôle exact, son inscription dans un environnement rédactionnel, sont l’objet paradoxalement d’un discours inverse et beaucoup moins accueillant de la part de cette même majorité de journalistes. En cause, un statut variable d’une rédaction à l’autre et peu déterminé a priori. Tantôt un journaliste, tantôt un technicien plutôt, tantôt un marketeur, un défenseur de la marque et de la réputation numérique, un médiateur, un nettoyeur de commentaires, un outil de veille pour les tendances et les alertes, un outil de fidélisation des lecteurs, enfin quelqu’un qui impulse des tendances, ce qui créé chez la plupart des interviewés journalistes des résistances et des craintes et entretient un flou sur les rapports avec l’équipe et quant aux transferts de compétences du journaliste. Si toutes les directions rencontrées affirment avoir ou vouloir un community manager, et vivent son action comme essentielle, son rôle pivot au sein de la rédaction cristallise des tensions et ne favorise pas son installation.

3. La conception courante et idéalisée des réseaux sociaux en tant qu’outil collaboratif et participatif est en dernier lieu réinterrogée à travers la question des sources et de la vérification. On verra demain que cela est aussi un enjeu pour les questions de sécurisation des données dans les rédactions. De manière générale, la spécificité du web journalisme repose dans cette source de plus que représentent les réseaux sociaux.

La vérification des sources sur les réseaux sociaux est vécue par la majorité des journalistes comme facile et possible. Mais paradoxalement, lorsqu’on demande concrètement comment ils s’y prennent pour vérifier, les avis divergent et tout semble se compliquer un peu. La tendance générale qui se dégage est celle d’un empirisme flagrant. Un journaliste d’un média né en ligne raconte : « Après aussi avoir creusé 20 pistes qui sont des tuyaux crevés, on arrive à les repérer beaucoup plus facilement. Ce sont des choses qui nécessitent de l’expérience et de l’entrainement. : Internet c’est une multiplicité de sources. Si on le voit écrit 4 fois dans des endroits différents, c’est une façon de confirmer l’information. » . Guy Birenbaum va plus loin : « Je ne me contente pas des sources internet même si je checke tout. Je décroche mon téléphone et je vais voir des gens. Parfois une source suffit, parfois 20 personnes peuvent dire 20 conneries. Cette histoire de 3 sources croisées je ne sais pas de quoi on parle, c’est un truc de journaliste qui ne m’a jamais passionné».

Toutefois, lorsqu’on demande comment ils procèdent concrètement, les réponses se nuancent mais une tendance se dégage : la vérification dépend étroitement du poste sur lequel le journaliste tourne. Donc du type de travail. Pour une revue de presse, « on a moins de temps » affirment les journalistes. Pour certaines brèves aussi. « On publie vite, on corrige après. C’est la deuxième vie du papier » ajoute même une journaliste d’un média né en ligne. On retient pour le moment, que certains journalistes considèrent que sur Twitter, sur les blogs et sur les réseaux sociaux, l’info qu’ils mettent en ligne n’a pas été vérifiée. Car cela demanderait du temps et de l’argent souvent pour faire son enquête. Que les réseaux sociaux ne sont pas un lieu dédié à cela. D’autres à l’inverse, ne publient et ne relaient que les infos qu’ils estiment vérifiées, voire principalement des articles d’eux-mêmes ou d’autres. On retrouve là une tendance lourde, qui a généré des erreurs dans le passé récent, où les journalistes rediffusent une information issue d’un confrère en postulant qu’elle est du coup déjà vérifiée. Cette confiance est parfois hélas trompeuse et induit des reprises en démultiplié d’une erreur initiale (otages Mali : un journaliste nous confie une anecdote que nous n’avons pas pu confirmer depuis car l’information n’est plus en ligne. Suite à la récente prise d’otages au mali, un tweet tombe reprenant un site africain d’infos et annonçant la mort d’un des otages en donnant son nom. Un média né en ligne reprend l’info et la publie de suite. Le journaliste raconte qu’il choisit lui de ne pas le faire et demande au média papier avec lequel son site d’info est couplé d’attendre. Les journalistes papier interrogent leurs sources officielles sans succès. Et se tournent vers leurs journalistes web pour vérifier l’information sur Internet, chose qu’ils ne savent pas bien faire. Le journaliste prend le temps de vérifier en allant sur le site africain dont il découvre rapidement que c’est un faux site et que l’admnistrateur a rédigé lui même sa fiche wikipédia. Il ne publiera rien. Le papier non plus. Le média né en ligne qui a publié retire l’info voyant qu’elle n’est pas relayée et que ce n’est donc pas un scoop. Le journaliste précise que se jouait là un dilemme éthique vis a vis des familles des otages.) C’est donc le trait commun aux réponses reçues des journalistes qui apparaît là: l’aspect empirique de la vérification. Il faut avoir une longue habitude et une pratique régulière des réseaux sociaux, pour être capable d’identifier les sources qui sont crédibles le plus souvent et les bloggeurs cruciaux.


A propos Obsweb

Le programme de recherche OBSWEB - Observatoire du webjournalisme (CREM - Université de Metz) étudie les transformations en cours au sein de la presse d’information avec l’avènement d’Internet et de l'écriture multimédia.