Montebourg, héros d’un serious game


Alors que le serious game est en questionnement dans la sphère médiatique, Obsweb tente d’y apporter une réponse avec une table ronde dédiée lors des Assises 2013. Xavier de la Vega et Shariz Bazin, deux auteurs de newsgames sont venus présenter leur nouvelle création. Il s’agit de « Be My Savior » qui traite des fermetures d’usines.

journal be my savior

« Á mes yeux, le jeu pose la question du politique devant l’économique. L’action politique a t-elle encore du sens ? » annonce le journaliste Xavier de la Vega à propos de Be My Savior, un newsgame dont il est co-créateur. Littéralement ce titre signifie « soit mon sauveur ». Mais sauveur de quoi ?

De l’entreprise automobile fictive « Roulibre », à Morangis, une ville toute aussi fictive. « On s’est servit de l’exemple de Florange, mais pas seulement. Ce n’est pas un cas particulier, mais un type de cas », précise le journaliste. Le joueur incarne l’État via un ministre qui s’est donné pour mission de sauver des usines sur le point de fermer. Vous l’aurez compris et les concepteurs ne se cachent pas du sous-entendu, c’est dans la peau d’Arnaud Montebourg que sera parcourue la vingtaine de minutes du jeu.

Popularité

C’est dans la peau d’un ministre que le joueur tentera de sauver l’entreprise « Roulibre ».

Le joueur y apprend ce qui se passe lorsqu’un repreneur veut racheter une usine, comment se déroule l’enquête dont il fait l’objet et quels sont les types de profils qui se présentent. Le double jeu des politiques est également mit en avant. Ils doivent à la fois sauvegarder un site, tout en amassant suffisamment de « capital politique » pour avoir la crédibilité et les moyens pour mettre en œuvre ce qu’ils souhaitent.

Les choix au cœur du jeu

Le scénario de Be My Savior donne pour mission au joueur de sauver l’usine en lui trouvant un repreneur. Il devra les dénicher, enquêter sur eux et examiner leurs projets pour au final sélectionner les meilleurs. La tâche va s’avérer être plus compliquée que prévu, comme dans la réalité, puisque plusieurs obstacles vont barrer la route du ministre.

Choix

Les choix que fait le joueur impactent réellement l’expérience de jeu et donnent accès ou non à certaines informations.

C’est là qu’intervient un autre personnage fil rouge dans l’aventure, l’assistant qui guidera le joueur dans ses choix. « L’assistant devient un conseiller et ne donne pas simplement des informations. Un dialogue se noue entre cette personne et le joueur. » ajoute Xavier de la Vega.
Une aide plutôt utile car en fonction des choix effectués, l’accès à certaines informations sera donné… Ou pas. La rejouabilité sera donc au rendez-vous.

Plusieurs mini-jeux

Pour les auteurs, Be My Savior s’est créé dans une optique de collaboration avec des sites de presse. L’information, bien que ludique, est alors présente tout au long de l’aventure. « On a fait le choix de la fluidité, ne pas trop bouleverser l’expérience de jeu par des textes. […] Ce n’est pas le jeu qui amène vers des phases découpées d’informations, elles sont directement inclues dans le gameplay » expliquent Xavier de la Vega et Shiraz Bazin, chargée de la direction artistique du newsgame.

Shiraz Bazin poursuit : « L’histoire va s’articuler autour de mini-jeux qui vont ponctuer ce récit ». Le joueur pourra alors trouver des repreneurs dans un genre d’Angry Birds avec en décors le quartier de la Défense à Paris. Reconstituer des puzzles pour découvrir qui ils sont. Ou encore tester un des modèles économiques dans une simulation de chaîne de montage.

recherche repreneurs

Votre mission : envoyer les dossiers de l’usine à des repreneurs potentiels.

La plus-value informationnelle de Be My Savior, comme pour la plupart des newsgames est de placer le joueur comme acteur d’un événement. Une manière d’avoir une vision plus large d’un phénomène d’actualité.

Be My Savior est le fruit de la collaboration d’une année de plusieurs corps de métiers : développeurs, game designers, journalistes au sein de l’atelier de production Le Vent se lève.

Les informations pratiques

  • La date de sortie de Be My Savior, le newsgame des deux co-créateurs Xavier de la Vega et Shiraz Bazin reste encore à déterminer puisque le jeu est encore en version « alpha ». Les développeurs doivent encore trouver un diffuseur qui pourra fixer une date ainsi que plusieurs caractéristiques pratiques liées à la diffusion du jeu. Même si cette personne aura le dernier mot, les auteurs ont déjà certaines idées dans la tête. Par exemple, la gratuité de leur création “pour toucher le plus de monde possible” précise Shiraz Bazin la directrice artistique du projet.
  • Be My Savior sera accessible sur internet et surtout via ordinateur. “Il n’a clairement pas été réalisé pour les smartphones, mais pourra fonctionner sur tablette” ajoute le journaliste Xavier de la Vega.
  • Pour favoriser les moments de jeu “sur le pouce”, pendant une pause ou dans les transports par exemple, ce newsgame se termine en une vingtaine de minutes. En plus, bien que ce ne soit pas encore finalisé, les développeurs veulent y inclure un système de sauvegarde en ligne pour que le joueur puisse poursuivre son aventure.

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Pour voir plus d’images du jeu, voici le teaser ou ce diaporama :


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