Fiche outil webdocumentaire : Le Grand Incendie


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« Le Grand Incendie » est un webdocumentaire de Samuel Bollendorff (photojournaliste) et Olivia Colo (journaliste). Naturellement, lui s’est occupé de l’image et elle du son, pour réaliser un documentaire interactif d’environ 35 minutes. Partant de la statistique « sinistre et ignorée » d’une immolation tous les 15 jours en France, ils nous racontent l’histoire de sept personnes qui se sont immolées pour se faire entendre.

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Ce dernier a été produit Honkytonk Films et diffusé par France Télévisions. Diffusé en décembre 2013, il est visible sur plusieurs sites dont Telerama.fr, webdocu.fr ou encore le site internet de Bollendorff.

La page de présentation affichée est terne (noir, gris). A première vue, on remarque que le titre et l’onde vont rester tout le long du webdoc. Puis viennent les explications pour dire où cliquer et comment se déplacer.

explications du début

Au clique sur le symbole play, on ne sait pas si ce seront des images ou autre chose qui va apparaître. En réalité c’est une image fixe avec une voix off : celle de Philippe Torreton. Dès la première phrase, il prononce le mot suicide qui nous met au cœur du sujet.

En bas de l’écran, une onde nous présente les différents chapitres du webdocumentaire que l’on peut consulter comme on veut en cliquant dessus : ressources humaines, bien commun, service public, nom-lieu, le grand incendie. Sur les deux côtés, les icônes des réseaux sociaux et une aide. Sur l’image, on peut cliquer à droite sur « passer » si on veut voir le chapitre suivant. Quand le son de la voix est sur pause, on entend un bruit de fond d’extérieur, des oiseaux qui chantent. On voit le temps défiler en bas de l’écran qui nous indique où nous en sommes.

Philippe Torreton lit la lettre (« Lettre ouverte à mon employeur de Rémi Louvradou ») avant de présenter la première victime (passage au premier chapitre « ressources humaines »). A l’énonciation de son nom, il apparait sur l’écran avec la date de son passage à l’acte et le lieu.

11 mars

S’en suivent plusieurs noms et villes. La voix off est celle des journalistes d’informations qui annoncent ces immolations : les noms prononcés ne correspondent pas en temps à ceux qui apparaissent sur l’écran. Le fait d’entendre les noms a un effet très fort sur le spectateur : peu de musique, juste la voix qui résonne. Quand on met pause, ce n’est que le son qui se coupe : les noms continuent de défiler. Le texte s’affiche en pleine page : le chiffre est poignant et la musique amplifie cette sensation.  

Là, on s’aperçoit que le discours des médias ne croise jamais celui des témoins : ils se juxtaposent simplement. L’internaute peut passer d’une voix à l’autre en choisissant le son qu’il veut. Le son et donc les discours prennent une place plus importante que les images, qui sont diluées derrière.

Le premier témoignage est celui d’un fils (celui de R. Louvradou) : une onde s’affiche en gros plan avec les citations de ce qu’il est en train de dire. Une fois de plus, la part belle est donnée au son.

médias

Une image en fond vient étayer les propos, en l’occurrence celle d’un enterrement… mais l’onde reste en premier plan. Puis vient la voix de sa femme mais on peut changer à tout moment :

changer de voix

Vient ensuite l’interview vidéo de cette femme (pour mettre un visage sur la souffrance ?) blanc sur blanc. On doit cliquer sur un intitulé en particulier pour changer (ressources humaines, bien commun…) on ne peut pas cliquer n’importe où sur l’onde.

Il y’a très peu d’images : le diaporama sonore se fait sur une seule photo, comme souvent chez Bollendorff.

La fin du webdoc se fait sur les paroles de la femme de Rémi Louvradoux, qui a parlé au début. Vient ensuite un témoignage poignant, celui d’un survivant.

Nous n’entendons d’abord que sa voix : on comprend directement qu’il a gardé des séquelles de son grand incendie. Ensuite vient son visage. Sa voix et son image : tout prend aux tripes.

LE GRAND INCENDIE

C’est ainsi que se termine le webdocumentaire, comme il a commencé : d’une manière simple mais forte. Mettant l’image et le son à l’honneur. 

– Les points positifs : Une qualité exceptionnelle de témoignages avec de belles images et des sons poignants qui relate une situation réelle, au delà du simple fait divers. 

– Les points négatifs : Le curseur de l’onde est peu précis, il n’est pas pratique de passer certains passages. Néanmoins, le fait de pouvoir passer les discours pourrait enlever une certaine force au débat : si le témoignage est trop dur à attendre, nous pouvons le passer (ce qui peut aussi être un point positif pour les plus sensibles). Pour certains, médiatiser ce genre de drame reviendrait à donner l’idée à certains.


A propos Obsweb

Le programme de recherche OBSWEB - Observatoire du webjournalisme (CREM - Université de Metz) étudie les transformations en cours au sein de la presse d’information avec l’avènement d’Internet et de l'écriture multimédia.