Anne Frank, au pays du manga


Webdoc – Anne Frank, au pays du manga
Auteurs et réalisateurs – Alain LEWKOWICZ (réalisateur), Vincent BOURGEAU (dessinateur), Marc SAINSAUVE (chef opérateur/photographe) et Herminien OGAWA (fixeur/traducteur)
Diffuseur – ARTE.tv.fr en coproduction avec Subreal Productions
Date de mise en ligne – Décembre 2012

Anne Frank, une jeune allemande, est l’une des nombreuses victimes des camps d’extermination pendant la Seconde Guerre mondiale. Et peut-être la plus emblématique. Cette adolescente de confession juive raconte dans un journal intime, connu sous le nom Le journal d’Anne Frankson quotidien sous l’occupation, alors réfugiée avec sa famille et des amis à Amsterdam. Ils seront par la suite dénoncés puis déportés. Elle décède au camp de Bergen-Belsen quelques temps plus tard, à l’âge de 15 ans. Son journal va connaître un succès mondial, et notamment au Japon, où il est un « inusable best-seller ». À tel point qu’il « est le plus lu et le plus étudié des livres étrangers au Japon » et qu’il sera même transformé en manga, ces bandes dessinées japonaises. Mais pour eux, Anne Frank n’est pas une victime du nazisme, doctrine meurtrière à laquelle s’est alliée les japonais pendant la guerre. Elle est « l’héroïne d’un roman à succès à la conclusion cruelle et émouvante ». Alors, pourquoi est-elle aussi populaire dans un pays qui a combattu du côté des bourreaux de la jeune Anne Frank ? C’est à cette question qu’Alain Lewkowicz a tenté de répondre avec ce reportage sous forme de webdocumentaire, « Anne Frank, au pays du manga ».

(les citations ci-dessous sont extraites des descriptifs présents sur le webdocumentaire)

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À première vue

Quand on arrive sur la page d’accueil du webdocumentaire, l’internaute tombe nez à nez avec un dessin représentant Anne Frank qui semble apeurée, faisant tomber son crayon, qui devait lui servir à rédiger son journal intime. En arrière-plan, le drapeau du Japon sur lequel se superpose une croix gammée, emblème du nazisme. Le ton est donné.

Plusieurs onglets sont disponible cette sur même page. L’internaute peut lancer le webdocumentaire en cliquant sur le bouton « PLAY » au centre de l’image ou encore sur l’onglet « Lancer la BD Interactive » ou alors télécharger l’application sur sa tablette (App Store ou Android). Il peut également se renseigner sur le projet, son intérêt, l’équipe qui l’a réalisé, ainsi que les personnages principaux qui vont être rencontrés au fil de l’histoire.

Comme le font pressentir le bon nombre de dessins sur cette seule page d’accueil, ainsi que cette phrase « un voyage en BD documentaire interactive », il apparaît évident que « Anne Frank au pays du manga » est un webdocumentaire réalisé sous la forme d’une bande dessinée.

Anne Frank, au pays du manga, BD

Le format et la navigation

Il s’agit effectivement d’un webdocumentaire qui prend la forme d’une bande dessinée, en noir et blanc. Lorsqu’on lance la « BD Interactive », on arrive sur le prologue de l’histoire. Une histoire composé de 4 chapitres. Pour chacun des chapitres, il y a plus d’une dizaine de planches de dessins. Elles sont divisées en plusieurs cases accompagnées de bulles. Le format de la bande dessinée est bel et bien présent.

Pour changer de pages, il suffit de cliquer sur les rectangles noirs situés à droite ou à gauche de l’écran. Toutefois, si l’internaute veut changer de chapitre directement, il peut se rendre en haut de l’écran sur l’onglet « Chapitres ». Il peut se servir de ce même onglet s’il désire revenir à la page d’accueil ou consulter les crédits et mentions légales. Par contre, s’il souhaite seulement aller plus loin dans l’histoire, tout en restant dans le même chapitre, il peut alors passer le curseur de la souris en bas de page, là où l’on peut lire « nomduchapitre – page X/X ». À ce même endroit, l’internaute peut également mettre le webdocumentaire en plein écran, gérer le niveau du son ou encore la vitesse d’apparition des dessins. En somme, ce webdocumentaire peut être à la fois linéaire ou non-linéaire. Tout dépend du bon vouloir de l’internaute.

Si le côté bande dessinée est une particularité forte de ce webdocumentaire, le côté interactif l’est également. Lorsque le symbole « + » est présent sur une case, cela signifie que l’image contient des éléments multimédias : interviews, enregistrements sonores, diaporama photos ou encore des vidéos… et c’est sans compter la présence continue d’une ambiance sonore qui varie en fonction des différentes pages du webdocumentaire. Pour activer les éléments multimédias, l’internaute doit simplement passer le curseur de la souris sur les symboles « + », ou parfois, cliquer dessus, lorsqu’il est nécessaire qu’une fenêtre s’ouvre au-dessus des dessins.

L’autre particularité de ce webdocumentaire est la présence des réalisateurs eux-mêmes au sein de l’histoire. C’est eux qui nous emmènent en voyage au Japon. C’est l’une des caractéristiques principales du « BD Journalisme » : l’utilisation du « JE », la mise en scène de l’auteur. « Anne Frank, au pays du manga » est un reportage subjectif.

Les points forts :

– Une navigation agréable, fluide et simple ;
– Des dessins de qualité ;
– Un enrichissement multimédia important, sans être excessif ;
– Incarnation des auteurs eux-mêmes au sein des dessins : ils nous emmènent en voyage au Japon avec eux ;

Les points faibles :

– Certains diaporamas photos – représentant souvent des mangas – sont en japonais. Il est dommage que l’internaute ne puisse pas comprendre ce qu’il y est indiqué ;
– Parfois les sons peuvent être embêtant – surtout ceux qui se lancent automatiquement lorsqu’on arrive sur une nouvelle page – si l’on veut se plonger scrupuleusement dans la lecture des bulles ;

N.B. Ce webdocumentaire a été nominé au Grimme Online Award 2013.
Une bande dessinée – en version papier cette fois-ci – est également parue, en 2013, aux éditions Les Arènes.