Vivre dans le village de Mussolini, « la Duce Vita »


Predappio. Hameau perdu de l’Italie. Il n’est célèbre qu’à cause de l’Histoire. Le Duce, Benito Mussolini y a vu le jour. Aujourd’hui, il est le lieu de culte des néo-fascistes, des nostalgiques de l’Italie des années 30.

La Duce Vita est un webdocumentaire produit par Darjeeling et LeMonde.fr. Il est réalisé par Samuel Picas et Cyril Berard à l’occasion des 90 ans de la marche des Chemises Noires à Rome de 1922. Cet événement central de l’histoire fasciste italienne est un moyen de pression au gouvernement effectué par les Chemises Noires, sympathisants de Benito Mussolini. Cette marche signe symboliquement l’avènement de Mussolini au pouvoir puisque les dirigeants en place lui confient par la suite les rênes de l’Etat.

Le documentaire s’attache uniquement au village de Predappio, petit hameau dont le seul intérêt est d’être le lieu de naissance de Mussolini. Aujourd’hui, c’est un lieu de commémoration néo-fasciste, très représenté dans les médias, qui font le déplacement à chaque occasion. Le maire du village tente coûte que coûte de faire changer cette image négative. Précision importante à signaler : le village est lui même encarté à gauche voire communiste depuis la chute du régime de Mussolini. La Duce Vita évoque donc la vie quotidienne de ce village particulier, subissant l’image d’un lieu sympathisant fasciste alors qu’une minorité des habitants partage cette idéologie.

Predappio en cinq actes

Le webdocumentaire débute par une vidéo d’introduction qu’il est nécessaire de regarder la première fois qu’on le regarde. Cette courte introduction dure environ cinq minutes et plante le décor, images d’archives à l’appui de celles d’aujourd’hui. Sans cette vidéo d’introduction, il est difficile de comprendre l’intérêt du sujet puisque le documentaire ne revient pas sur l’histoire de Predappio.

La Duce Vita se découpe en cinq chapitres :
le vent noir
les souvenirs
les perruques
la Libération
le drapeau

La Duce Vita village
L’internaute débute son voyage dans Predappio par la place du village. Le webdocumentaire est composé uniquement de vidéos, accessibles en cliquant sur des emplacements précis de cette place. Les cinq actes sont autant de mini-documentaires d’une vingtaine de minutes environ. Elles se lisent dans l’ordre mais il n’est pas nécessaire d’avoir vu la précédente pour comprendre celle d’après.
Suite à la lecture de la première vidéo, il est proposé de passer immédiatement à la suivante ou bien de revenir sur la place du village. Dès lors, il est possible de consulter plusieurs petites vidéos annexes, qui s’orientent plus sur l’ambiance de vie dans le village. La place du village, à l’origine un dessin fixe, s’anime. Les vidéos annexes sont représentées par des carrés blancs tandis que la vidéo principale, découpée en cinq, est visualisée par des carrés noirs.

Durant la lecture de la vidéo principale, apparaissent des icônes permettant d’approfondir le sujet. On retrouve ici des questions au gouvernement, des éclairages apportés par des experts, etc. Les personnes interviewées tout au long du documentaire sont de nature variée. On y retrouve le maire de Predappio, qui est le principal intervenant mais aussi des historiens et artistes. Pour apporter un éclairage plus militant, on trouve aussi des interviews de militants anti-fascistes, des sympathisants du Duce mais aussi des syndicalistes.

C’est un webdocumentaire avec une forme plutôt classique. Les vidéos ne sont pas particulièrement intéractives. Cependant, étant donné qu’il est relativement court, ce manque d’originalité n’est pas dérangeant. C’est un film esthétique et intéressant que l’on peut voir en plusieurs fois puisque la progression de l’internaute est enregistrée.

La Duce Vita est globalement un webdocumentaire très complet et facilement lisible qui apporte un éclairage sur une réalité méconnue du grand public français. Il permet également d’interpeller l’internaute sur la survivance des mouvements fascistes dans un pays qui tente d’oublier cette partie de son histoire.

Les points forts:

  • Documentaire très esthétique
  • Très lisible
  • Simple d’utilisation

Les points faibles:

  • Manque d’originalité

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