Punk me. Punk is not dead.


Webdoc : Punk Me 
Auteur : Jacques Denis
Réalisateur : Zoé Cauwet
Co-production : Radio France, Narrative en collaboration avec l’INA
Diffuseur : Lemouv.fr
Mise en ligne : Juin 2014 
Budget : 140 000 euros

“No futur”. C’était l’un des slogans phares des punks de la fin des années 70. Aujourd’hui, temps de crise oblige, 84% des Français se disent pessimistes quant à la capacité des jeunes « à mieux vivre que leurs parents ». 79% d’entre doute même sur la capacité des moins de trente ans à trouver un emploi. 40 ans après, la devise “No futur” est plus que jamais ancrée dans l’air du temps.

Et pourtant, rien de nostalgique ni de passéiste dans le travail de Jacques Denis, journaliste (Monde Diplomatique, RFI et Libération…) et féru de musique. « Punk me » questionne le punk aujourd’hui, sans cliché et sous tous les angles. Qui sont les punks de notre époque ? Quels héritages ont laissés les groupes cultes de l’époque, à l’instar des Sex Pistols et des Clashs ? Qu’est ce qui est punk ? Et surtout, quel punk être-vous ? 

Navigation

Pour décrire « Punk Me, Jacques Denis parle de « Walk movie ». Le webdoc est une balade nocturne dans Paris, une promenade vers Oberkampf. Un clin d’oeil indéniable au groupe du punk français du même nom. Durant toute la déambulation, on suit différentes personnes, des hommes, des femmes, des jeunes et des plus vieux. Leurs points communs ? ils sont de dos et font face à la ville. Ils nous mènent un à un dans des lieux, nous font rencontrer des spécialistes de la musique, de la bd, dans les rues ou à travers des écrans. La narration est donc linéaire et matérialisée par une ligne, toujours visible à l’écran. C’est le chemin de la balade, et il nous est imposé. Aucune alternative possible à part celle d’aller au plus vite en passant les archives proposées. Les ronds sur la ligne symbolisent les questions pour le test « Quel punk êtes-vous ? », il est donc possible de cliquer directement dessus pour n’accéder qu’aux questions et ne pas voir le reste du webdocumentaire. Cependant, même si le chemin est balisé, tous les participants n’auront pas la même fin puisque à lorsque la balade se termine, on découvre son propre profil punk. Un résultat déterminé par rapport aux réponses du test, huit alternatives sont proposées.

PUNKME

Format

Si le webdocumentaire est majoritairement réalisé en vidéo, des archives sonores, dessins et photos sont également intégrés. La bande son est un élément clé et remarquable. Il s’agit bien évidemment de punk, mais pas des grands classiques des années 70. Du punk d’aujourd’hui aux sonorités différentes. Des punks dans l’âme loin des clichés comme Dan Deacon ou Cheveu. La playlist est élément si important qu’il est disponible à tout moment de connaître le nom de l’artiste et le titre de la chanson diffusées.

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Contenu

Le webdoc aborde de nombreuses thématiques à travers le punk : de la culture (musique, série, bande dessinée…) à la politique en passant par la coupe de cheveux, tout y passe. De nombreuses archives de l’INA et de Radio France sont intégrées. Et c’est l’une des grandes forces de « Punk Me » : découvrir des émissions de France Culture de 1977, des pépites de l’époque comme la vidéo proposée en introduction où Gerard Holtz, alors présentateur du journal télévisé d’Antenne 2, décrit les punks de la façon la plus stéréotypée possible, tout en restant foncièrement ancré dans le présent.

GERARD

« Si vous avez les cheveux courts, jaunes, verts ou rouges, si vous avez une épingle ou un clou planté à travers la joue, si vous avez de petites croix nazies dessinées sur le front…  Bref vous êtes un paumé et vous êtes un punk. »  (Gérard Holtz, 5 août 1977, JT d’Antenne 2)

Le webdoc interroge sur les punks d’aujourd’hui, les Femens, les Anonymous ou Jeudis Noirs, les nouvelles icônes et revendications. L’internaute est sollicité pour juger par lui-même, ce qui est punk et ce qui ne l’est pas, notamment la politique avec le célèbre « casse toi pauvre con » du président Nicolas Sarkozy ou l’encore plus culte « Je vous ai compris » du Général de Gaulle. 

« Punk me » a reçu la mention spéciale du jury du 66e Prix Italia dans la catégorie « Best digital storytelling ».

Les + :

– Le véritable travail d’archives

– L’esthétique

– La bande son

Les  – :

– Le peu de liberté, une narration trop linéaire.

– La durée des archives n’est pas spécifiée