Pourquoi Netflix peine à s’imposer en France ?


L’entreprise Netflix, service de vidéo illimité qui propose des films et des séries en flux continu depuis 2010, est créée en 1997 en Californie. En septembre 2014, ce service débarque en France. Avec environ 250 000 abonnés, il peine à séduire l’hexagone.

57,39 millions. C’est le nombre de clients que compte Netflix dans le monde. En France, le nombre est moins conséquent. 250 000 internautes se seraient abonnés à Netflix depuis son lancement au mois de septembre 2014 (selon l’Institut Digital TV Research). Son importante campagne publicitaire sur les réseaux sociaux et son battage médiatique ne suffisent pas.

Pourquoi c’est compliqué en France ?

→ Le piratage

« Le téléchargement illégal est l’un de nos plus grand concurrent » admet Reed Hastings, le PDG de Netflix. Le piratage de films et de séries est toujours très important en France. Ce délit de contrefaçon, passible d’une amende de 300 000 euros et d’un emprisonnement de trois ans, est moins bien contrôlé qu’aux Etas-Unis.

Les sanctions sont rares dans l’hexagone. Selon Le Parisien, 3,7 millions de courriers ont été envoyés depuis la naissance d’Hadopi en 2010, et seuls 161 dossiers ont été remis à la justice. Le montant maximal d’une amende en France s’élevait à 800 euros. Des sanctions, peu nombreuses qui n’ont donc pas de conséquences sur le piratage. En France, cette pratique occupe une place de choix pour obtenir rapidement des films et des séries.

Une nouvelle bête noire des plateformes de téléchargement légales est apparue en février 2014 : Popcorn Time. C’est un logiciel libre de lecture en continu de vidéo par internet qui s’opère par le protocole pair à pair de BitTorrent. Ce service s’apparente à un Netflix gratuit, mais est illégal. Ce logiciel rencontre un franc succès dans plusieurs pays européens comme l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas. Et donc entraîne le malheur de Netflix.

→ La chronologie des médias

L’un des principaux reproches fait à Netflix en France est son catalogue. Jugé trop faible par rapport à l’offre aux Etats-Unis. La faute à la chronologie des médias que la société veut respecter. L’ensemble du marché français de la vidéo par abonnement est handicapé par cette législation. Elle interdit la mise à disposition des films sur ces services moins de trois ans après leur sortie en salle. Une spécificité qui peut expliquer pourquoi Netflix n’a pas encore fait le carton d’abonnement annoncé à la fois par la presse et les analystes.

En plus de la chronologie des médias, les accords de diffusions se mettent lentement en place. Netflix n’a par exemple toujours pas le droit de diffuser dans l’hexagone sa propre série : House of Cards, dont les droits avaient été cédés à Canal +. Netflix a pu cependant produire de nombreuses séries après l’emprunt d’un milliard de dollars en janvier 2015 : Daredevil, Unbreakable Kimmy Schmidt, Bloodline, Grace and Frankie, ainsi que les suites d’Orange is the new black et de Marco Polo.

Etre présent dans tous les pays du monde, d’ici à 2016 : c’est l’objectif du géant américain. En 2015, Netflix veut mettre un coup d’accélérateur à son expansion mondiale en s’implantant dans plus de 200 pays en deux ans, contre une cinquantaine actuellement. En 2014, Netflix a eu 4,3 millions de nouveaux utilisateurs, alors que 4 millions de clients étaient attendus. Malgré ses chiffres encourageant, la partie n’est toujours pas gagnée en France. Avec 250 000 abonnés, Netflix est loin des « un tiers des foyers » que Reed Hastings veut atteindre en France « d’ici cinq à dix ans » mais le PDG de la société ne perd pas espoir.