Killing Lincoln : vie et mort d’un président


À l’occasion de la parution du film de Ridley Scott “Killing Lincoln”, la chaîne National Geographic a offert à ses spectateurs un webdocumentaire retraçant la dernière année de vie du président américain ayant aboli l’esclavage.

Killing Lincoln propose à ses visiteurs une expérience de scrollitelling divisée en trois chapitres : la conspiration visant à assassiner Lincoln, le jour de son meurtre et les répercussions de cet acte. Chaque partie est composée d’une dizaine de tableaux, le plus souvent sous forme d’anciennes cartes sur lesquelles se juxtapose la route empruntée par le président lors des mois précédents son assassinat.

Les différents tableaux sont agrémentés par un décompte du nombre de jours et d’heures qui précèdent et succèdent à l’acte fatidique. De multiples éléments viennent apporter du contenu au webdocumentaire : des portraits des contemporains importants du président, des galeries d’images, des photographies du XIXème siècle et d’aujourd’hui disposant d’un effet avant/après coulissant, des documents audio tirés des discours d’époque ou de notes retrouvées et qui sont joués par des acteurs, voire des extraits vidéos du film de Ridley Scott.

<center>Les tableaux sont riches en éléments historiques.</center>

Les tableaux sont riches en éléments historiques pour qui prend le temps de les parcourir.

Ces nombreuses sources offrent un florilège d’informations qui immergent l’internaute au cœur des enjeux et des personnages qui ont composé les États-Unis du 19ème siècle. Tous ces documents d’époque ont été fournis par les Archives Nationales des États-Unis à la chaîne National Geographic pour accentuer la rigueur historique du documentaire.

Pour élaguer cette masse d’information, des photographies officielles des personnages historiques affublés de leurs plus célèbres citations coupent la linéarité du scroll sur toute la longueur de l’écran.

Pour faciliter la navigation, un onglet indique sur le côté droit de l’écran où se trouve précisément le spectateur dans sa lecture. Si celui-ci clique sur le nom du tableau où il se situe, le panneau se déplace sur l’écran pour offrir de nouvelles informations complémentaires.

Les informations complémentaires viennent approfondir les connaissances des internautes les plus curieux.

Les informations complémentaires viennent approfondir les connaissances des internautes les plus curieux.

Dans son aspect purement graphique, Killing Lincoln est une belle réussite en matière de scrollitelling. Les animations sont discrètes, le cheminement de Lincoln sur d’anciennes cartes des États-Unis est agréablement fluide, le survol de la souris au-dessus des photos et des portraits provoque un léger mouvement ou une coloration particulière qui incite à cliquer dessus pour obtenir plus d’informations. L’effet de scroll quand on descend ou remonte la page noircit les tableaux qui se trouvent au bord de celui observé pour centrer l’attention sur ce dernier.

La musique colore le webdocumentaire d’une ambiance d’époque, ponctuée de bruitages évoquant les événements relatés : représenter une tentative d’assassinat de nuit contre la voiture du président ? Facile : le roulement des essieux et le hululement d’une chouette sont stoppés par le fracas d’un coup de feu. Une fête populaire ? Un banjo se réveille. Une traversée en bateau ? Clapotis et bruit de machine à vapeur de rigueur. L’idée paraît simple, mais le dosage est réussi. Si la musique dérange le lecteur, il peut à tout moment l’éteindre à l’aide d’un clic sur l’icône adéquate.

Un défaut majeur se dégage de Killing Lincoln. Malgré une mise en scène élaborée, la masse d’information surcharge parfois l’interface. Elle n’incite pas suffisamment le lecteur à s’investir dans la lecture d’une foule de détails pourtant intéressants. Mais pour tout passionné d’histoire, Killing Lincoln est une mine d’or de savoir sur l’époque postérieure à la guerre de sécession américaine et à ses répercutions sur la vie politique des élus, et parfois même sur leur mort.


A propos Moran Kerinec

Fondateur du webzine Openbarmag.fr, étudiant en master Journalisme et médias numériques à Metz, rédacteur à obsweb.net et webullition.info.