Par Pr. Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)
L’étude comparative des comptes Pinterest de presse porte ici sur 38 magazines imprimés internationaux (hors France et États-Unis), 50 magazines imprimés américains, 38 quotidiens américains (presse imprimée ou exceptionnellement médias nés en ligne) et 2 hedbdomadaires d’information générale, 34 médias français (presse quotidienne ou hebdomadaire, sites, nationaux ou régionaux), 13 quotidiens latino-américains, 8 quotidiens et 1 agence de presse du Canada, 22 quotidiens imprimés européens et 4 autres quotidiens dans le reste du monde. Ce sont ainsi 210 comptes Pinterest de presse qui sont analysés, ce qui fait de cette étude la première de cette ampleur à ce jour. Le tableau complet en version Excel de tous ces comptes avec leur URL et l’état de leurs comptes, entre fin décembre 2012 et le 20 janvier 2013 est à découvrir ici. La plupart de ces comptes ont été ouverts en 2012, ou au second semestre 2011 pour les précurseurs. Certains connaissent une croissance foudroyante, d’autres sont présents encore à titre exploratoire et ne semblent pas pouvoir / vouloir (?) pousser leur présence sur ce réseau social qui vient compléter les autres réseaux.
Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – CREM, Metz, France)
Dans l’article précédent nous avons exposé l’utilité de ce réseau pour la valorisation des productions éditoriales. Mais une autre perspective consiste à profiter de la création d’un compte Pinterest pour penser davantage le traitement de l’information en images. Pinterest est à cet égard une source potentielle à investir par les photoreporters pour étendre leur capacité d’intervention dans le monde de la presse en ligne. A minima, sous la forme d’une illustration visuelle prévue avec l’article pour donner une entrée imagée au pin qui sera créé. Mieux, sous forme de traitements visuels renouvelés et approfondis, y compris en exploitant les applis qui gravitent autour de Pinterest et complètent utilement ses dispositifs techniques. On peut aussi utiliser les ressources des autres réseaux sociaux de partage d’images comme You Tube pour la vidéo et Instagram ou Flickr pour la photo. Passons en revue une série d’usages observés ou imaginables.
Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – CREM, Metz, France)
A présent que nous avons souligné le succès de Pinterest en Amérique du Nord et ses raisons, et que nous avons passé en revue l’utilité pour la presse de s’y intéresser, reste la question : quels usages journalistiques possibles de Pinterest ? Ouvrons donc grand la boite à idées !
Il convient de distinguer divers niveaux de réponses à cette question. Pinterest peut en effet être perçu comme un simple lieu supplémentaire de présentation de la production d’une rédaction, sauf qu’il a l’énorme avantage de l’être sous forme de vitrine ouverte et organisée ! Dans ce cas, la réflexion doit porter uniquement sur l’art de mettre au mieux en scène, sur ce réseau, les contenus qu’on cherche à valoriser : nom de baptême des boards ; quel découpage par board ; explicitation claire des logiques constitutives du board dans son descriptif ; descriptifs pertinents avec hashtag pour améliorer le référencement ; pins postés conformes à ce qui est annoncé ; choix d’une illustration visuelle adéquate (dessin, photo, vidéo, citation, infographie…) pour attirer l’attention et donner envie de cliquer sur les pins.
A l’inverse, il peut s’agir de profiter du compte Pinterest pour ajouter des dimensions nouvelles afin de mélanger la valorisation des contenus déjà produits avec des contenus plus inédits. Les pins sont des ponts possibles entre les internautes et le site source de l’information. De même, certains boards, par leur thématique populaire chez les internautes tout comme par leur force visuelle, peuvent être des ponts avec les boards voisins du même compte qui eux valorisent le rédactionnel existant. La venue vers le site de presse se fait alors en deux étapes : je suis fan d’images de chats, je viens sur le compte Pinterest d’un journal car j’ai identifié un board (qui plus est, collaboratif) de photos de chats et du coup je découvre d’autres boards et peux me retrouver intéressé par autre chose et cliquer sur une image qui m’amène au site d’information.
Pinterest & la Presse (2/ 6)
Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)
Pinterest est un réseau social en plein essor qui génère du trafic sur les sites web d’où proviennent les images qui y sont « punaisées » (« pined »). En effet, sur ces tableaux d’images, « des millions de personnes se connectent régulièrement pour partager leurs coups de cœur. Comme chaque image est liée à un site web externe, ces partages permettent de générer du trafic vers ces sites web. Une entreprise qui va diffuser des images renvoyant vers son site web va donc permettre de rediriger une partie du trafic vers celui-ci. Et qui dit plus de trafic, dit plus de potentiels clients » (Livre blanc : Gagnez plus avec Pinterest, UP2social, octobre 2012, p.10). Ajoutons que comptabiliser seulement le nombre d’abonnés à un compte Pinterest ne préjuge pas de l’ampleur des images qui vont circuler sur ce réseau, puisque chacun peut punaiser une image et un lien URL d’un article depuis le site. La dissémination se fait donc à partir du site ET du compte Pinterest. Le potentiel d’influence est d’autant plus grand. Voilà pourquoi les médias d’information ont intérêt à s’en saisir, comme certains ont très bien su le faire pour Twitter, Facebook, You Tube… L’observatoire du webjournalisme a ainsi décidé d’analyser les différents usages de ces réseaux par les journalistes français.
Pinterest générateur de partage pour les sites d’information
Pinterest & la Presse (1/ 6)
Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)
Créé seulement en mars 2010, aux États-Unis, par Paul Sciarra, Evan Sharp et Ben Silbermann, le réseau social Pinterest est déjà bien implanté en Amérique du Nord, avec plus de 12 millions de visiteurs uniques par jour aux États-Unis (contre 1 million en mai 2011). Cela en fait déjà le 15è site le plus visité aux Etats-Unis sur les trois derniers mois, selon le site Alexa.com (Facebook est 2è & Twitter 10è). Il est le 35e site le plus visité dans le monde selon l’analyse lancée sur Woorank, le 15 janvier 2013. Il possède plus d’un million d’abonnés à son compte Twitter, où diverses infos sur les usages de Pinterest sont diffusées. Pour comprendre comment ça marche, voir notre synthèse.
Par Arnaud Mercier (Observatoire du webjournalisme – OBSWEB, Metz, France)
On ouvre un compte (en 2 minutes maxi) si on veut pouvoir « punaiser » ou « épingler » des images (des pins). Mais on peut circuler librement sur les comptes des autres sans être inscrit ! Inscription simplifiée possible par connexion à son compte Twitter ou Facebook.
On punaise des images (mais aussi des vidéos, des extraits de texte) sur un tableau (« board ») qu’on crée logiquement sur une base thématique et auquel on donne un titre, comme un chapitre de livre. La création de tableaux et de « pins » qu’on y accroche, est illimitée.
Une image peut provenir directement d’un site, par clic sur un bouton (« Pin it ») qui va la sélectionner pour l’amener automatiquement vers votre compte Pinterest ; ou être téléchargée depuis votre banque d’images perso sur votre disque dur ou clé USB. Pour les sites qui n’ont pas installé le bouton de partage Pin it, vous pouvez (devez !) télécharger très aisément ce bouton pour qu’il soit présent sur votre ordinateur, à portée de souris !
Arnaud Mercier, Nathalie Pignard-Cheynel, Obsweb, CREM, Université de Lorraine
Les journalistes sont de plus en plus présents sur les réseaux sociaux dont les usages, paraissent encore peu stabilisés. Afin de mieux saisir les pratiques, les motivations et les représentations des journalistes face aux deux réseaux sociaux les plus usités, Facebook et Twitter, l’Observatoire du webjournalisme (Obsweb) a mis en place un questionnaire auquel plus de 600 journalistes ont répondu, de manière anonyme.
Le lien vers le questionnaire mis en ligne a été diffusé par mail auprès d’une trentaine de rédactions françaises, et un appel à le remplir a été émis sur Twitter, message amplement retransmis par les journalistes eux-mêmes, auprès de leurs confrères.
Le questionnaire comprenait une trentaine de questions portant dans un premier temps sur les usages des réseaux sociaux en général, de manière indifférenciée puis une partie spécifiquement dédié à Twitter et une autre à Facebook, afin de faire ressortir, in fine, les éventuelles différences ou au contraire les permanences d’usages et de représentations de ces deux plateformes.
Par Arnaud Mercier, Professeur information – communication. CREM, Université de Metz. Directeur d’Obsweb
Il est incontestable que l’avènement de l’information en ligne a bouleversé très tôt l’équilibre traditionnel et industriel du journalisme. Mais les effets de ce bouleversement se font encore sentir aujourd’hui sous la double influence d’usages sociaux en invention permanente et d’innovations technologiques qui se succèdent à un rythme qui rend hasardeuses bien des prédictions sur le futur exact de la presse et du journalisme. Des nouveautés apparaissent, des transformations se font jour et des permanences demeurent même si elles sont chahutées.
Par Nathalie Pignard-Cheynel, membre d’Obsweb
Quelques tendances dans le financement de l’information journalistique en ligne
[Pour la version PDF, c'est ici]
Dans le cadre du programme Obsweb 2010, des entretiens semi-directifs ont été menés auprès d’une quinzaine de rédactions en France (des quotidiens, des hebdomadaires, des journaux de PQR, des pure players ainsi que des rédactions de radio et télévision). Ces entretiens ont notamment été effectués auprès des directions de ces rédactions et entreprises de presse et ont porté sur l’organisation des rédactions, les évolutions des compétences des journalistes ainsi que le modèle économique et les stratégies actuelles et à venir qui les accompagnent.
Par Brigitte Sebbah, membre d’Obsweb
La question du journalisme et de l’utilisation des réseaux sociaux ne va pas sans difficultés. Nos analyses des 14 rédactions enquêtées ont mis au jour des convergences dans les représentations et les usages mais des différences et des tensions frappent aussi.